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Septembre Mauve : contre l'oubli, la République de proximité

Chaque 21 septembre, la Journée mondiale de la maladie d'Alzheimer rappelle une réalité que nul territoire ne peut ignorer : près d'un million de nos concitoyens vivent avec cette maladie, plus de 1,3 million si l'on ajoute les affections apparentées, et ce nombre pourrait doubler d'ici 2050. La campagne « Septembre Mauve », portée par la Fondation Recherche Alzheimer, invite les communes et les intercommunalités à se mobiliser tout un mois durant. Le Parti Radical y répond sans hésiter.

Il y répond parce que cette maladie touche au cœur de sa doctrine. Le solidarisme de Léon Bourgeois, qui fonde notre famille politique depuis 1901, repose sur une idée simple et exigeante : nul homme ne se fait seul, chacun contracte en naissant une dette envers ceux qui l'ont précédé, et la République n'est que l'organisation de cette dette commune. Alzheimer en est l'illustration la plus nue. Celui que la mémoire abandonne demeure pleinement un citoyen ; ce que nous lui devons, nous nous le devons à nous-mêmes, pour le jour où nous serons à notre tour du côté de la vulnérabilité. Une société se juge à la manière dont elle traite ceux qui ont cessé de pouvoir la servir.

Or c'est à hauteur de commune que cette dette se paie. Parce qu'elles vivent au contact des habitants, les communes et les intercommunalités sont le premier échelon de la solidarité concrète, celui de la subsidiarité que le Parti Radical défend de longue date. Illuminer en mauve un bâtiment emblématique, relayer l'information sur le journal municipal, les panneaux lumineux et les réseaux sociaux, ouvrir une conférence, organiser une marche solidaire : ce ne sont pas des gestes décoratifs. C'est le vocabulaire d'une proximité qui informe, qui dépiste plus tôt, qui rompt l'isolement des malades et qui reconnaît enfin les proches aidants, ces millions de femmes et d'hommes qui accompagnent un parent ou un conjoint dans un silence trop souvent solitaire. Là où l'État légifère, la commune console.

Mais le Parti Radical ne saurait se satisfaire d'un mois de sensibilisation si l'engagement de la Nation ne suit pas. La loi n° 2024-317 du 8 avril 2024 portant mesures pour bâtir la société du bien vieillir et de l'autonomie a tracé des voies utiles : un service public départemental de l'autonomie, une conférence nationale de l'autonomie, et surtout la promesse d'une loi de programmation pluriannuelle pour le grand âge. Cette promesse doit être tenue, et dotée de moyens réels. Car sensibiliser sans financer relève de la bonne conscience. La recherche, seul espoir de vaincre un jour la maladie, demeure insuffisamment soutenue ; les centres communaux et intercommunaux d'action sociale portent des missions croissantes sans que leurs ressources suivent. Le Parti Radical le redit avec constance : il n'y a pas de solidarité de proximité durable sans autonomie financière des collectivités qui la font vivre.

Éclairer un mur de mauve ne guérit personne. Mais c'est refuser que l'on s'habitue à l'oubli, et rappeler que la République elle-même est un travail de mémoire. En septembre, notre famille politique appelle chaque élu à faire de ce mauve non pas une couleur de saison, mais la couleur d'un engagement tenu toute l'année.

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